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GROSSE TÊTE D’HERMÈS DE GRÈCE |
| Définition des termes « ÉPREUVE » | |
| et « ESSAI », | et leur application à la « grosse tête d’Hermès » de Grèce par Louis Fanchini |
(The following is reproduced from the article published in LA PHILATELIE FRANCAISE, No. 629, July/August, 2009. It is a revised version of the original published in Philotelia, the official journal of the Hellenic Philotelic Society of Athens, in Greek and English. The author, Louis Fanchini, was recently elected to the membership of the very prestigious Académie de Philatélie of France. We congratulate him for this well-deserved honor and for his many excellent contributions to Greek philately.)
| Commencée il y a déjà quelques décennies, la collection des timbres de « grosse tête d’Hermès » de Grèce, m’a amené à me spécialiser, depuis maintenant plusieurs années, dans l’étude des épreuves et des essais de ce grand classique de la philatélie. Afin de pouvoir partager de manière efficace entre collectionneurs avancés ou néophytes, les résultats des différentes études menées sur ce sujet, il me semble nécessaire de préciser très rigoureusement les termes utilisés. Cela permettra, je l’espère, d’éviter toute confusion sur ce sujet, essentiel à la compréhension de l’histoire de la « grosse tête d’Hermès ». Désiré-Albert Barre (graveur général des monnaies à Paris) a créé le premier timbre grec à Paris en 1860/1861. Les techniques utilisées pour la réalisation des différentes étapes de la fabrication des timbres de la « grosse tête d’Hermès » sont, en très grande partie, similaires à celles qui ont servi pour les timbres classiques français. Ces techniques, ainsi que les différents acteurs qui les ont mises en œuvre, sont bien connus des experts philatéliques français. J’ai la chance de côtoyer régulièrement ces derniers à l’occasion de différentes manifestations philatéliques, en particulier lors des réunions du Club Philatélique Français. Définitions Générales : Il existe un certain flou dans l’utilisation des termes « EPREUVE » et « ESSAI » appliqués à la fabrication des timbres-poste. Très souvent ces deux termes sont utilisés de façon indifférenciée alors qu’ils correspondent à deux étapes initiales distinctes de la fabrication des timbres-poste. Le Dictionnaire Philatélique & Postal1 de l’Académie de Philatélie et de l’Académie Européenne d’Etudes Philatéliques et Postales, ainsi qu’un article coécrit par Messieurs Jean-François Brun et Raymond Beaussant, de l’Académie de Philatélie2 définissent très clairement ces deux termes: |
a. Epreuve : « Empreinte sur papier d’un outil destiné à fabriquer le matériel d’impression des timbres-poste ». Les épreuves sont donc créées par le graveur qui les utilise pour visualiser et vérifier l’état d’avancement de son travail, à savoir la réalisation des poinçons. Ces épreuves sont imprimées à l’unité au centre de petits feuillets de papier de grande qualité (papier de Chine/d’Inde ou du Japon, papier Bible, papier Pelure, papier Couché…). L’utilisation de ces papiers de très bonne qualité permet d’une part, d’éviter d’exercer une trop grande pression sur le poinçon pour les imprimer, et d’autre part d’obtenir un résultat très souvent exceptionnel en finesse et en qualité d’impression. Elles sont quelquefois collées sur de petits supports en carton afin de permettre une manipulation plus aisée (fig.1 & fig.5). Elles sont généralement réalisées à l’encre noire. Il n’existe qu’un nombre très limité d’épreuves, de l’ordre de la dizaine ou de quelques dizaines au grand maximum. Deux types d’épreuves sont référencés: 1. Epreuve d’état :Les épreuves d’état sont réalisées lors de la gravure du (ou des) poinçon(s) probatoire(s) (poinçons d’essais). 2. Epreuve terminale :Les épreuves terminales sont réalisées à partir du poinçon original final ou du (des) poinçon(s) de service issus de celui-ci. b. Essai : « Empreinte prise avec un outil destiné à imprimer directement les timbres-poste ». Les essais sont donc issus des planches typographiques utilisées pour l’impression des timbres-poste et sont donc réalisés par l’imprimeur. Les essais permettent le réglage des presses (essais à l’encre noire), mais aussi de définir les qualités et quantités d’encre à utiliser. Cette pratique est aussi nécessaire pour déterminer le choix des papiers et pour étalonner les mélanges d’encre afin d’arriver à l’optimum de la couleur choisie. On trouve régulièrement des essais à impression multiples, et/ou imprimés recto & verso, sur des papiers de toutes natures. Le nombre d’essais est plus important que celui des épreuves car ils proviennent des planches typographiques qui comptent 12, 25, 50, 150 ou jusqu’à 300 clichés selon le type de timbre. |
| 4 LA PHILATÉLIE FRANÇAISE N°629 JUILLET/AOUT 2009 | |